ADRESSE : 388 Avenue de Mazargues - 13008 Marseille - Tél: 04 91 76 66 39
Permanence tous les lundis à 18h30 au Tempo Sainte-Anne

HISTOIRE DU QUARTIER

L’histoire de notre quartier est modeste. Nous avons peu de monuments historiques et une seule construction remarquable (mais quelle construction !…), et cependant cette histoire s’intègre dans celle des quartiers sud, mais aussi dans celle de la ville. On peut la diviser en trois périodes distinctes.

La première se situe avant les dernières décennies du 19ème siècle. Sainte Anne n’existe pas !. Ce ne sont que des terres agricoles dépendant des grandes bastides du lieu : Château Sainte Anne (aujourd’hui Villa Lucia) La Magalonne, La Verdière, La Grande Bastide La Serane. Après le blocus maritime résultant de l’époque Napoléonienne, le commerce repart, la ville croît, la demande en produits agricoles explose. Notre terroir est sollicité. Depuis la fin du 17ème siècle les bastides s’étaient installées sur ce site, car on avait constaté qu’une nappe d’eau existait dans le sous sol. Grâce à des puits et des pompes on pouvait ainsi irriguer et cultiver la campagne. Dans la partie haute du Bd Luce subsiste un gros socle en maçonnerie qui supportait jadis un moulin à vent pour faire fonctionner des pompes à eau. Cette irrigation allait jusqu’après le Géant Casino actuel. De nos jours, encore, de l’autre côté du Bd Michelet, les espaces verts du parc Sévigné sont arrosés en pompant l’eau de cette nappe phréatique.

Bien entendu pour cultiver, à l’époque, il fallait des bras et c’est en grande partie l’immigration Italienne qui fournira la main d’œuvre. Notre quartier n’ayant alors que quelques petites maisons le long du chemin de Mazargues, pour loger ces travailleurs il fallait construire, donc des maçons, eux aussi Italiens, et, conséquence logique, des artisans et des commerces. C’est la naissance de notre quartier (1850-1900).

La seconde période va de la fin du 19ème siècle à la moitié du 20ème. C’est dans le monde entier l’explosion de l’industrie. Tous les environs des villes se couvrent de manufactures, d’usines, d’ateliers de mécanique, d’entrepôts. Notre quartier n’échappe pas à cette invasion. Il voit naître huilerie, imprimerie, menuiserie, ateliers de mécanique, entrepôts divers et de maçonnerie. La main d’œuvre afflue. La construction du tramway facilite les déplacements, mais nombreux sont ceux qui s’installent dans le quartier en construisant de petites maisons le long des traverses. Grâce au don du terrain de la famille Thieux, et à la participation financière des familles Luce, Raynaud, Gros, Thieux, Marin et Allard, pour construire l’église (1859), notre quartier trouve son nom, et voit aussi se créer le noyau villageois autour de la place. L’arrivée de l’école à proximité et la création de commerces finissent de former un ensemble de vie parfaitement cohérent. On atteint un équilibre (presque parfait) entre travail et habitat. L’arrivée des réfugiés Arméniens entre 1922 et 1924 dans notre quartier apporte une mixité culturelle qui participe à une vie équilibrée. Sainte-Anne est devenu une paroisse et un gros village à part entière. La guerre de 39 / 45 va non seulement bloquer l’activité mais aussi apporter des transformations profondes.

C’est la troisième période de la vie de notre quartier jusqu’à nos jours.

Après la guerre les activités disparaissent les unes après les autres. Restructurations, regroupements, délocalisations vers les zones industrielles ou les lieux de production, en un mot, l’activité devient un désert. Par un miraculeux hasard l’arrivée d’activités commerciales et la forte cohésion du noyau villageois vont sauver la vie du quartier et les petits commerces qui subsistent encore aujourd’hui. Les anciens locaux industriels abritent un peu d’artisanat mais c’est surtout la construction d’appartements nouveaux qui va métamorphoser le quartier. Le moindre bout de terrain est bâti ce qui transforme notre terroir en une énorme citée dortoir de standing. Grâce à l’acharnement de quelques habitants courageux il reste au quartier une vie associative et culturelle remarquable et enviée qui sauve la cohésion et communication des habitants.

On ne peut pas parler de ces dernières décennies sans évoquer les quelques personnages marquants de notre quartier.

Devant l’église, au coin de la place se trouvait la mercerie Camille Serni, tenue par deux demoiselles d’un certain âge. C’était le lieu de rendez-vous des dames, non seulement pour acheter de la mercerie, mais surtout pour échanger des nouvelles et des conseils. On y parlait couture, du travail des enfants à l’école mais aussi de la manière de réussir le pot au feu….Tout cela avec pour chefs d’orchestre les deux demoiselles qui, par moment, étaient obligées de faire, aimablement, évacuer le commerce.

Il y avait aussi ce personnage incroyable comme sorti tout droit d’une légende ; Avec son chapeau à larges bords, sa tenue rustique et sa charrette, il venait, à intervalles réguliers, s’installer devant le boucher et, en pédalant, il faisait tourner la meule sur le charreton pour affûter les couteaux. C’était un aiguiseur ambulant. En prenant de l’âge, la pédale était devenue trop pénible, aussi, les derniers temps, il avait bricolé un moteur de mobylette pour entraîner sa meule. Et puis un jour on ne l’a plus vu, il s’en était allé.

N’oublions pas, bien entendu, le curé Léopold Baverel (1899 – 1943) qui a fait installer les cloches de l’église en 1939 et dont la place porte le nom.

Enfin comment ne pas citer ces ébénistes d’art qui réalisaient de si jolis meubles provençaux.

C’était une société, c’était une manière de vivre, c’était notre quartier.

Charles AZAN

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De l’histoire à la légende

150 ans en arrière.., notre beau quartier n'a pas de nom. Saint-Giniez s'étend, s'étale de la colline Périer aux abords des Lanciers... Le "petit" Saint-Giniez autour de son église, fier de son clocher du 17ème siècle; le "grand" Saint-Giniez, des rives de l'Huveaune atteint les limites de Mazargues jusqu'au Château du Roy d'Espagne. 

En ce temps-là, de vastes campagnes, oasis de verdure et de paix, bastides appartenant à de grandes familles, bastides dont le nom est presque oublié. Depuis Bel Ombre et Val Bruni, la Sérane, la campagne Marin, la villa Marie, jusqu'à la Magalone, la campagne Marseille sans oublier le Château Borely et le Château Sainte-Anne. 

Paisible quartier où vivait une population laborieuse de maraîchers, d'artisans, d'ouvriers-en harmonie avec les hôtes des bastides. Vous souvient-il des laiteries où les ménagères allaient chaque soir chercher leur lait ? Du rempailleur de chaises ou de l'aimable aiguiseur à la poissonnière annonçant sa venue par de retentissants "li vivo, li vivo", sa corbeille plate posée sur la tête où frétillait le poisson parmi les algues. Les melons étaient vendus “à la taste”. Les fraises en des pots d'argile coiffés d'un cornet de papier gris. 

Naissance d'une paroisse, et d'une légende:

En souvenir de sa fille Anne, morte le soir de ses noces, ou peu de temps après, Monsieur Thieux fit don à l'Evêché d'un terrain où s'édifiera une chapelle en 1859 dédiée à l'aïeule du Christ. Cette chapelle deviendra l'église actuelle agrandie par des nefs qui furent construites en 1864.Le Quartier prendra le nom de Sainte Anne supplantant celui du Grand Pin.

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SAINTE ANNE

 

Comme vous le savez j’habite Sainte Anne. Comme beaucoup d’entre vous, je connaissais très mal cette sainte. J’ai eu la curiosité de faire quelques recherches et voici ce que j’ai découvert.

Anne vient du nom hébraïque Hannah, qui signifie "grâce". Ce nom a été porté par plusieurs saintes femmes de l’écriture. La mère du prophète Samuel, qu’elle mit au monde après une longue stérilité, et d’autres encore. Mais la plus intéressante est l’épouse de Joachim qui, d’après la tradition, rapportée dans le proto évangile de Jacques (2ème siècle après J.C), donna naissance à son unique enfant après vingt années de mariage. Cet enfant deviendra la Vierge Marie mère de J.C.

Bien que les évangiles ne citent pas son nom, son culte se répandit en orient, puis au 8ème siècle en occident.

A la fin du moyen âge, Sainte Anne devient l’une des figures les plus populaires de l’iconographie chrétienne.

Au 15ème siècle elle est représentée dans de nombreuses peintures, le plus souvent avec la vierge et l’enfant.

En 1584 le pape Grégoire XIII fixe la fête de Sainte Anne au 26 juillet. Elle devient alors la patronne des mères, des veuves, des mineurs et même des brodeurs.

L’histoire nous a fourni des Anne très célèbres. On ne peut pas toutes les citer mais en voici quelques unes : Anne Boleyn, Reine d’Angleterre, première femme d’Henri VIII, elle fut décapitée en 1536. C’était la mère d’Elisabeth 1er ; Anne d’Autriche, épouse du roi Louis XIII, peinte par Rubens ; Anne de Boarigen, fille de Louis XI, régente de France ; Anne de Bretagne, épouse de Louis XII ; enfin Anne Stuart, reine de Grande Bretagne et d’Irlande.

Notre quartier porte un nom de personnages célèbres.

                                                                                                           C. AZAN